02.12.2005

Pirouette - Cacahuète

Nombrilisme

Cette nouvelle rubrique est là pour indiquer lorsque je vais vous communiquer quelques faits de ma vie réelle et non pas de ma vie mentale et de mes réflexions aussi diverses que variées. Cette rubrique est tout particulièrement destinée à ma famille et à mes amis, comme ça ils peuvent avoir des nouvelles sans que j'écrive à chacun un e-mail.

Dans les faits divers, on notera un gros rhume qui porte maintenant sur les bronches, en bonne asthmatique que je suis il fallait que ça se complique. Pour l'instant, je gère avec brio, merci de vous en inquiéter. J'évite les efforts physiques, ce qui veut malheureusement dire que je ne sors plus de la maison car il y a 6 étages à pied...

Dans les bonnes nouvelles :

Lilith, le chaton de Rolf, est rentrée chez son papa, épuisé mais visiblement content de retrouver le petit monstre. Nous avons fait du catsitting pendant deux semaines et perdu un bout de tapisserie et l'intégrité d'un nazgul dans l'histoire... et mes peluches Fred et Nounours ne seront plus jamais comme avant : Fred doit être lavé en urgence (je suis allergique aux chats) et Nounours a été sauvagement mutilé... (un petit trou dans la patte gauche mais snif il est vieux le Nounours, il a mon âge, c'est dire ! il faut le ménager)

Ant est rassuré, il a reçu son chèque, suite à l'émission télé qu'il a faite.

Mon anniversaire s'est bien passé grâce à un petit dîner en tête-à-tête au restaurant avec Ant. C'était vraiment très agréable. Merci mon bébé !

La plume sur le papier et l'encre prend vie...

J'ai donc commencé à reprendre ces fameux e-mails et je me contente pour le moment de les taper pour les mettre en page, les épurer et les corriger, du moins en partie. Avec le clavier qwerty et l'absence d'accents, le nombre de fautes induites par les circonstances et la situation et mon oubli progressif de la langue française est impressionant. Je ne suis donc pas sûre de réussir à éliminer les fautes lors de ce premier travail.

Avec ce travail, viennent les angoisses et sonne l'heure où je me demande quel public pourrait être intéressé par ces inutiles e-mails. Bien sûr, avec l'assurance dont vous savez que je me pare, j'en conclus avec amertume : personne. Personne ne sera intéressé par un tel travail. Et de là à me dire qu'il est inutile que j'accomplisse un travail pour rien, la frontière est très proche. Alors je tente de me remotiver en me disant que si je n'essaye pas je ne saurai jamais. Une lutte alors commence entre ma peur de savoir ce que je vaux vraiment et de me rendre compte que je ne vaux rien et que je ne fais que jeter de la poudre aux yeux et mon envie d'accomplir quelque chose qui me tient vraiment à coeur. L'écriture. J'ai commencé à écrire lorsque j'avais 8 ans, pour tout dire. La planète Aspirine. Un grand moment de littérature jamais achevée - encore heureux, car il en aurait fallu, des cachets, pour arriver à lire cet amalgame de mes fantasmes enfantins dissolu sur une disquette floppy de l'époque. A la fois à mon grand regret et pour mon plus grand soulagement, je n'en ai plus aucune trace.

Je me demande si je ne ferai pas mieux de publier quelques petits extraits des dits e-mails pour avoir le loisir de vos réactions... idée à approfondir. Vous pourrez alors mieux jauger mon style, en rapport avec ma philosophie...

Philosophie

Peindre ou écrire la vérité ne sont que vastes plaisanteries. Que ce soit en images ou en mots, la vérité est d'abord propre à son auteur, à celui qui la perçoit, la ressent et/ou l'analyse. Même la photographie n'est pas vérité car elle fige dans une pose précise la vie ; or la vie sans évolution n'est autre que la mort.

Lorsque je dépeins quelque chose, un sentiment que j'éprouve ou un événement que je vis, je me concentre soudain uniquement sur l'objet de mon essai littéraire. Pour le rendre intéressant, je vais mettre de côté ce que je juge banal et me focaliser sur ce qui le rend différent, douloureux, digne d'être partagé, exploité. Tout à mon jeu, (à mon "je" ?), je rebondis sur la moindre faille, l'attaque, la mets en lumière, la fais briller ou la noircis. C'est ainsi que je parviens à des sentiments forts et violents comme dans ma description de Paris, où beaucoup ont quand même reconnu cette ville même s'ils m'ont sermonnée avec ces habituelles remarques, celles que je provoque toujours : "mais tout n'est pas négatif" "ce n'est pas que ça" "il y a aussi autre chose". Bien sûr qu'il y a aussi autre chose... je ne fais que m'épancher et laisser courir mes doigts sur le clavier, déversant l'envie du moment, qu'elle soit noire ou fantasque, brillante ou drôle, comme la SNCF et la RATP se mettent en grève pour protester contre leurs propres privilèges. (Ai-je mal compris le but de leurs grèves ?) Et dire que nous en avons décapité pour moins que ça. A la différence, ceux-ci étaient dans une classe dite privilégiée, alors que ceux-là font partie du "peuple".

Mais revenons-en à nos moutons (BREBIS !) (merci de lire la BD : le Génie des Alpages de F'murrr). Ces morceaux de vie sous mes doigts ne reflètent en rien ma vérité mais sont des prismes que je fais tourner jusqu'à trouver l'angle qui, cela je le concède, révèle uniquement mon humeur du moment.

Et de tous, le peintre est le plus traître à mon avis, car ce qu'il peint n'est déjà plus au moment de l'exécution de son oeuvre et donc est amélioré par les aléas de la mémoire et de la raison.

Leviys - philosophe nombriliste écrivain